Pourquoi et comment maîtriser notre production de déchets ?

Les enjeux de la gestion des déchets

C’est un fait, nous produisons globalement de plus en plus de déchets (+6,40%, soit 35 Kg/hab/an de plus de 2010 à 2020).
La collecte et le traitement de ces déchets pèsent de plus en plus sur le budget des collectivités qui en ont la compétence et ce, malgré les efforts fournis pour optimiser ce service public.
Les enjeux sont environnementaux et humains : préserver l’environnement dans lequel nous vivons et dont nos enfants hériteront demain.
C’est pourquoi la réglementation évolue.
Il ne s’agit plus aujourd‘hui de prévention mais d’une réelle incitation (hausse de la TGAP (voir encadré), généralisation du tri de tous les emballages à l’échelle nationale, mise en place du tri à la source des biodéchets, création de nouvelles filières (jouets, articles de sports et de loisirs…). Les objectifs européens et nationaux sont clairs et ambitieux : réduire les gaspillages et la part des déchets enfouis ou incinérés, améliorer la valorisation matière, organique et énergétique et passer ainsi d’une économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) à une économie circulaire, basée sur un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités.
Il est donc aujourd’hui indispensable d’agir ensemble : producteurs, distributeurs, consommateurs, usagers et collectivités afin de maîtriser notre production de déchets et de mettre en œuvre localement ces nouvelles réglementations afin de construire un modèle de civilisation vivable pour tous, économiquement viable et durable.

Contexte local

Un ardennais produit 573 Kg de déchets par an (données 2020), tout flux confondus (ordures ménagères, emballages, déchets collectés en déchèteries).
Les déchets issus des 39 déchèteries du département des Ardennes représentent 48 % du poids de l’ensemble des déchets collectés par le service public, soit plus de 68 000 tonnes. Un peu plus d’un tiers de ces déchets sont enfouis, il s’agit notamment des encombrants et des gravats sales.
La quantité d’ordures ménagères (sacs noirs) produite sur le département des Ardennes représente quant à elle 39 % des déchets produits soit plus de 61 000 tonnes et ces déchets ne sont pas valorisés, ils sont enfouis.
Les déchets collectés en déchèterie et les ordures ménagères sont donc les flux les plus pondéreux (83%) tandis que les emballages triés (collecte sélective et verre), ne représentent que 17% (99 Kg/hab/an) de notre production totale de déchets. Ce constat est cohérent puisque les emballages représentent beaucoup de volume mais peu de poids, et ce, même si nous avons l’opportunité, dans les Ardennes, de pouvoir trier tous les emballages grâce à l’extension des consignes de tri déployée par VALODEA depuis plus de 5 ans maintenant !

Au vu des enjeux environnementaux, réglementaires et financiers, Il nous faut donc agir en priorité sur les flux qui aujourd’hui ne sont pas valorisés.
Tous les 2 ans, VALODEA réalise des échantillonnages afin d’observer la composition des Ordures Ménagères. Cela nous donne de nombreuses informations sur les actions à mener. Nous avons notamment fait un constat impressionnant : 68% des Ordures Ménagères soit un peu plus de 41 000 tonnes de déchets pourraient être évités grâce au tri et à de nouvelles habitudes…

Les solutions sont à la portée de tous : Trier ses emballages, composter, donner, faire réparer ou réemployer les textiles ou les objets dont nous n’avons plus l’utilité, lutter contre le gaspillage alimentaire, adopter de nouvelles habitudes comme boire l’eau du robinet, mettre un stop pub sur sa boite aux lettres ou tester des alternatives telles que les couches lavables, les shampoings et savons solides, bref, sortir du tout jetable, c’est possible ! Et cela aura également un impact sur les déchets collectés en déchèteries, (mobilier, électroménager, déchets verts…).

Agissons ensemble, jetons moins et trions mieux !

Devant ce panel de solutions et pour maîtriser au mieux la production de déchets, les collectivités ardennaises ont décidé d’agir ensemble !
Ainsi, VALODEA s’est engagé à piloter le Programme Local de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilés aux cotés des EPCI ardennais à compétence collecte, afin de co-construire et d’animer un plan d’actions territorial cohérent et efficace.
Les acteurs locaux et les usagers ont eux aussi été sollicités et ont participé aux ateliers de co-construction qui ont donné lieu à de nombreuses propositions d’actions. Les axes principaux sont le développement du compostage, individuel et collectif, la lutte contre le gaspillage alimentaire, le réemploi et l’éco-consommation de manière plus générale.
Ensemble, nous aurons l’occasion de poursuivre et de mettre en œuvre localement ces actions afin d’accompagner le territoire et les usagers ardennais dans ces changements.

C est quoi la TGAP ?

La TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes) a été créée en 1999 sur le principe du « Pollueur-Payeur ». Elle s’applique aux déchets « ultimes », c’est-à-dire aux déchets non valorisables destinés soit à l’enfouissement, soit à l’incinération.

Les Ordures Ménagères résiduelles (sacs noirs), les encombrants et les gravats (collectés en déchèteries) et les refus de tri sont donc soumis à cette taxe.

Dans les Ardennes, presque 160 000 tonnes de déchets sont produits chaque année par les usagers et même si les consignes de tri sont élargies et que de nouvelles filières de valorisation sont mises en place, 57 % de ces déchets sont enfouis.
La loi de finance prévoie depuis 2019, une très forte augmentation de la TGAP. En effet cette taxe est progressivement passée de : 17 € HT par tonne enfouie en 2019 à 40 € HT par tonne enfouie en 2022 pour notre territoire. Cette hausse sera poursuivra chaque année, jusqu’à atteindre 65 € HT par tonne enfouie à partir de 2025.
Autrement dit, à tonnage enfouis constants, soit 84 155 tonnes en 2020, cela représentera plus d’1,5 millions d’euros de plus pour 2022 et plus de 5 millions d’euros de plus d’ici 2025 pour les collectivités ardennaises.
L’objectif de l’augmentation de cette taxe est d’inciter les collectivités (et donc les usagers du service public), à réduire et à valoriser les déchets produits sur les territoires.
Le signal envoyé par le gouvernement aux collectivités locales, aux entreprises productrices de déchets et aux exploitants d’installations de stockage et d’incinérateurs est donc très clair : Il est temps d’investir dans les solutions permettant de réduire nos déchets, comme le compostage, la lutte contre le gaspillage alimentaire et le réemploi ainsi que dans le tri et le recyclage pour améliorer leur valorisation.

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